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Author Topic: [attention texte sensible] - lettre d'une femme à un homme  (Read 790 times)
colombefauconnier
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llisandra@hotmail.com
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« on: March 07, 2006, 03:31:43 AM »

"Amour me tue, et si je ne veux dire


Amour me tue, et si je ne veux dire
Le plaisant mal que ce m'est de mourir :
Tant j'ai grand peur, qu'on veuille secourir
Le mal, par qui doucement je soupire.

Il est bien vrai, que ma langueur désire
Qu'avec le temps je me puisse guérir :
Mais je ne veux ma dame requérir
Pour ma santé : tant me plaît mon martyre.

Tais-toi langueur je sens venir le jour,
Que ma maîtresse, après si long séjour,
Voyant le soin qui ronge ma pensée,

Toute une nuit, folâtrement m'ayant
Entre ses bras, prodigue, ira payant
Les intérêts de ma peine avancée."


Je relis ce poème de Ronsard et je l'avoue j'ai une fièvre à rendre jaloux..

Lorsque le corps est malade l'esprit se permet des folies...




Mon ange, mon tendre amour,


Je vais sûrement mettre des heures à écrire cette lettre mais quelle importance, je me sens moins seule à t'écrire...

Je relis ce poème et la folie me dicte ses envies... et aujourd'hui je veux te les dire...

Ses images se placent dans ma tête et je n'ai pas la force de les repousser...

Chose étrange que la mécanique de l'esprit ne crois tu pas ?

On aspire au repos et il se permet de jouer les grands dramaturges...

.......Je relis ces quelques phrases et dans la pénombre de ma tête je vois cette pièce.......

la nuit s'est déposée et juste une clarté se diffuse par une fenêtre voilée...

-quand on y réfléchit les rêves sont toujours en noir et blanc, et les plus troublants se déroulent de nuit dissimulant dans ses entrailles l'envie que l'on refuserait une fois éveillés-

Je ne fais plus la différence entre rêve et réalité il me semble sentir sur ma peau la caresse fluide d'une main et d'un baiser...

Allongée dans ce lit le corps recouvert d'ombres furtives -mais je ne sais si c'est vraiment moi puisque je regarde détachée ces deux corps enlacés- elle me ressemble pourtant..

Et je sens sur mes hanches le poids de ton corps nu de ta peau chaude contre la mienne..

Le drap recouvrant les reins creusés de ton être et mon visage perdu dans la mollesse d'un oreiller de dentelles anciennes, je me sens sourire à la vue de ces pétales de roses si noirs, même malade une romantique reste romantique...

Je te vois t'appuyant sur tes bras profitant du passage de la lune pour regarder ce visage dont tu as tant rêvé.

Mes mains agrippées à ton dos t'attirant contre mon sein gonflé de désir.

Ta peau sombre de nuit et ma peau si pâle sur le lit frais et défait...

Mes cuisses offertes se lovent autour de tes jambes et tentent de retenir ta force et ta souplesse..

.......et je repense à ces phrases, lascivement... me laissant bercer par ce soupir rêvé le coeur en explosion de sentiment...

Le ventre frappé d'envie de toi de désir refoulé... combien de fois en ais-je rêvé ?

Je ne veux pas quitter mon rêve car à cet instant je l'ose et je le sais "je t'aime" de toute ma déraison et qui ya t'il de plus à dire dans les rêves tout est permis...

(Je garde les yeux fermés, allongée dans ce lit trempé de fièvre et j'imagine je redessine cent fois mille fois cette nuit qui n'existe pas...)

Je revois passer derrière mes paupières closes ce profil que j'aime cet amour que je caresse de mes lèvres chemin sinueux sur ton torse...
Et mes ongles s'agrippent à ton dos ma tête bascule vers l'infini et ma poitrine se soulève au murmure d'un vent de soupirs...

Je nous regarde dans ce rêve faisant l'amour, tendrement, bateau tanguant sans oser chavirer réellement, retenant de nos souffles l'instant où l'étoile filante capturera l'ultime frisson...

La nuit est nôtre la nuit est mienne et je suis tienne durant l'espace infini d'un rêve enfiévré...

Mais le soleil se lève toujours un jour et c'est rougissant que je souris sur l'oreiller de mon lit bien sage...

La fièvre disparaît lentement mais il me reste le parfum de ta peau deviné et un je t'aime dessiné d'une nuit qui nul ne le sait si elle se créera un jour...

Mais le rêve est patient, et moi je t'écris cette lettre pour te dire combien dans mes rêves je pense à toi... à moi... à nous...

Plusieurs heures ont passées depuis le début de cette lettre et l'encre a séché... La couverture a glissé de mes épaules et l'hiver glace mon corps, la bougie vacille une dernière fois au baiser soufflé du froid... Mon regard se pose sur la fenêtre entrouverte et sur les flocons de neige perdus sur le parquet à la limite du tapis. Je tremble... Je repose ma plume, soupire... La lune est là souriante, elle ne juge pas les femmes... La couverture glisse définitivement sur le sol lorsque je me relève, je ne sens plus mes pieds et tente de marcher jusqu'à la fenêtre, j'aurais dû te le dire avant que je t'aimais que je rêvais de toi nuit après nuit, de ta peau de tes baisers... Ma main se tend vers la guillotine de la fenêtre mais retombe avant de l'atteindre.. Avant de fermer les yeux je pense une dernière fois à toi, trouvera-t'on ma lettre demain lorsque inquiets de ne pas me voir ils entreront dans ma chambre et me trouveront allongée sur le sol, gelée par la nuit... Elle porte ton prénom... Pensera t'on à te la remettre ?...

(Il n'est pas convenable, je le sais, qu'une femme écrive son amour à un homme mais aujourd'hui je me moque de la morale, qu'ils lisent ma lettre et qu'ils rougissent moi je t'aimais et l'amour ne se rougis pas... Un jour les femmes auront le droit de dire ce qu'elles pensent haut et fort j'en suis persuadée, sans être jugée comme des prostituées.)

J'esquisse un dernier sourire, pardonne moi oui je t'aimais... Et je ferme les yeux sur cette image gravée de ton corps au dessus du mien et de cette larme de plaisir glissant de ma joue...



Paris le 12 décembre 1805
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'ai l'âme triste mais l'esprit joyeux alors une fois sur deux l'un d'eux l'emporte... aujourd'hui qui a gagné ? aujourd'hui c'est mon âme...
emilie
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« Reply #1 on: October 18, 2006, 11:40:57 AM »

c'est un trés beau texte dont l'erotisme est trés bien écrit, c'est delicat, c'est doux, et c'est trés charment!
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ne journée vaut la peine d'être vécu uniquement si on est capable de la revivre à l'infini...
Dame Alustriel
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« Reply #2 on: October 19, 2006, 02:43:00 AM »

comme quoi il n'est point besoi nde décrire à tort et à travers le mieux est encore de suggérer.
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iez mes liens je les délierai lorsque je les lirai et je me lierai dans le lit où se lisent les liens de nos liesses délirantes....
emilie
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« Reply #3 on: October 19, 2006, 02:58:20 PM »

tout à fait d'accord avec toi, et je pense que c'est seurement mieu de sugérer, je trouve ça plus intéréssant, dans le sens où l'imagination peut encore mieux faire son traveil.
 Cheesy
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ne journée vaut la peine d'être vécu uniquement si on est capable de la revivre à l'infini...
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