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colombefauconnier
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« Reply #2 on: June 16, 2006, 08:19:38 AM » |
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comme quoi l'amitié...
Juste au bout du fil... Il est des jours où l'on se demande pourquoi le soleil s'est levé, il aurait mieux fait de jeter son réveil par dessus la montagne et tirer l'horizon sur son épaule. Mais non depuis la nuit des temps ce bon travailleur se lève tous les matins sans discontinuer -immoral personne n'a jamais fait le pied de grève pour que ce charmant monsieur blond puisse avoir des semaines lui aussi de 35 heures...- et comme chaque matin il vient chatouiller mes paupières lourdes de sommeil. Gentiment tout d'abord, comme un amant heureux de me retrouver le matin, puis un peu plus appuyé histoire de dire, bon je t'ai déposé un rayon de baiser rien que ça devrait te faire lever, mais non moi je n'en ai pas envie. Pas aujourd'hui je le sens ce sera une sale journée. Alors je le vois disparaître un instant, c'est l'heure où il voile son café d'un nuage de lait. Soupirant je me retourne et referme mon regard sur mon espace intérieur. Mais que n'ais je pas fais là ! Revoici le soleil qui agacé de devoir revenir à la charge plusieurs fois me fait parvenir un éclair blanc dans les yeux... et comme tous les matins -après m'être répété qu'il faudrait bien que je ferme les volets la nuit pour savourer le matin la fraîcheur d'une pièce sombre- je soupire, lui jette un coup d'oeil de travers et le vois disparaître gêné d'avoir exagéré sur mon regard endormi. Je repousse la couette confortable qui, entortillée autour de moi, refuse de se séparer de mon corps, l'âme déchirée je la repousse une dernière fois et sens le doux tissus encore chaud glisser au pied dans un soupir de coton. Voilà, voilà, le sol dépose son baiser matinal sur le bout de mon orteil qui me procure un frisson frais et délicieux. Je souris... ah le contact du matin de mon pied nu sur le parquet, le bois se réchauffant en quelques instants... bref il est temps de se lever, je n'ai que trop tarder je revois déjà le soleil poindre délicatement et me faire parvenir -dans un mot d'excuse- le chant délicat du petit oiseau niché sous le toit, mais ce matin je décide de le bouder et ne lui accorde pas le moindre intérêt. Me voici partie en direction de la cuisine, une bonne chicorée sucrée à souhait et je pourrai débuter ma journée. Mais je sens un voile noir sur mon épaule... étrange la toile s'est tissée je le sais cette nuit, ces rêves dissimulés dans le brouillard de mon subconscient, sont là à l'affût. Je secoue la tête -mollement c'est le matin et je ne suis pas une speed- frotte mes yeux, m'étire une dernière fois et me voici la tasse à la main lovée dans le canapé.... comme je suis bien, je me rendormirais bien volontiers, pas très courageuse le matin en effet... mais l'arachnée en profite pour continuer son travail besogneux et tisse autour de mon corps un cocon froid et inconfortable. je sens la déprime poindre au creux de mon esprit, mes yeux cherchent quelque chose ou quelqu'un pour me raccrocher, ne pas tomber... la matinée se passe sur le fil tendu, et funambule du grand chapiteau de la vie je glisse péniblement jusqu'au déjeuner... j'ai eu beau détruire de plusieurs coups de balais la toile noire elle revient un peu plus solide cette fois, et me ligote sur le bout de mon lit, détresse et déprime me braquent leurs lampes dans les yeux, j'ai fermé les volets pour un peu de fraîcheur et ne peux compter cette fois sur l'aide salutaire d'un soleil réjouissant et je le regrette... mais là, je vois mes monstres se recroqueviller sous le lit, le bruit, ce son... le téléphone, si rare de l'entendre qu'il me paraît irréel.. je décroche et souris, un ami me sauve aujourd'hui de mon ennui et me fait rire, ce rire qui résonne encore au bout d'une heure et demie à l'avoir suivi dans les dédalles de son travail, monter les escaliers, discours en italien avec la comptable -qui apparemment le regarde bizarrement à parler tout seul, mais non je parle avec une amie, oui une amie... comme ce mot est doux- couinement furieux du gros rouleau de scotch qui lui ne veut pas travailler aujourd'hui, fax avaleur de télécopie -rageant- le temps est passé plus vite et a relégué bien loin ma déprime. Voilà la journée est finie, et moi je souris. Je l'ai toujours dit un ami, c'est tout ce qu'il faut pour illuminer une journée....
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