pas mal de lectures ces temps-ci, j'ai du retard à rattraper alors me voilà !
lol
Je suis un être exquis, de Jean YanneRésumé :
jean Yanne a tous les talents : metteur en scène, acteur, humoriste, polémiste, il est également poète, parolier, conteur, pasticheur. On trouve en effet, dans cet ouvrage, pensées, textes, pastiches, répliques irrésistibles mais aussi quelques improvisations et envolées burlesco-lyriques inimitables. On apprend ainsi pourquoi l’Auvergnat est dangereux, et la vérité sur la prise de la Bastille, on évoque les Sept d’or de la charcuterie, et on fait connaissance avec les pignoleurs et les brandouilleuses de Montluçon-le-Haut, on découvre la version de Jean Yanne, toute personnelle, du Petit Poucet et du Petit Prince, et une explication de texte de la Marseillaise. On saura, enfin, si Mozart était vraiment hydrocéphale, et on découvre, en exclusivité mondiale, les mémoires du fils de Staline.
Mon avis :Que dire de ce recueil ? Le personnage qu’était Jean Yanne devrait suffire à donner une idée de la chose. À la fois cinglant et ras du sol, subtil et surréaliste, les propos souvent subversifs et misanthropes de l’acteur sont un pur régal.
Évitez de dire...dites plutôt..., de Bernard LayguesRésumé :"Des dorénavant confondus avec des désormais, des illettrés avec des analphabètes, des décades avec des décennies : spontanées ou ressassées, nos bêtises ne sont pas toutes égales. Il en est de gravissimes, qui la fichent mal, et d'autres, subtiles, qui ne sont relevées que par de fines oreilles. Bernard Laygues en propose aujourd'hui un inventaire, non pas pour se moquer de notre inclination - et non inclinaison - à prendre et à utiliser un mot pour un autre, mais pour nous rappeler le bon usage. Son livre est un espèce... pardon ! une espèce de guide du savoir dire. »
Bernard Laygues, journaliste et ancien correcteur-réviseur au Point et à Sélection du Reader's Digest, est l'un des membres du jury des Dicos d'or.
Mon avis :Essentiel pour qui aime la perfection de la langue française, ce livre se feuillette et se découvre petit à petit, on peut y piocher à tout moment, une page ou deux ici et là. Indispensable outil, qui nous apprend ou nous rappelle certaines horreurs à ne pas dire. Très bien fait, clair, à garder sous la main.
Le dernier restaurant avant la fin du monde, de
Douglas Adams (volume 2 du Guide galactique)[/u]
Résumé :La cuisine anglaise est exécrable. Moins abominable, cependant, que la poésie des Vogons, un peuple fier, ombrageux, et éminemment irritable. D'ailleurs, les Vogons ont fait sauter la planète Terre, soi-disant par erreur. Pas de panique !
Grâce au fabuleux "Guide galactique", le pauvre Arthur Accroc, ex-citoyen britannique désormais apatride et passablement désemparé devant tant d'inconvenance, pourra affronter sans crainte les improbables méandres d'un univers en folie. Rien ne l'empêchera, pas même un ascenseur dépressif, d'arriver à temps pour déguster le Plat du jour au Dernier Restaurant avant la Fin du Monde.
Mon avis :Si vous avez un priori ou faites un rejet de l’humour anglais, passez votre chemin. Fan de l’absurde ou des Monty Python, ce livre est définitivement pour vous. Situations rocambolesques, surréalistes, personnages improbables, univers encore moins possibles, histoire à peine présente, l’ensemble se lit le sourire aux lèvres d’un bout à l’autre, avec quelques soubresauts de rires francs et sonores. Je viens de terminer la lecture mais je serais difficilement capable de raconter l’histoire, loufoque et délirante. Pas transcendant, mais un bon moment de rigolade.
Extraits :(p93)
L'une des difficultés majeures soulevées par le voyage temporel n'est pas de devenir accidentellement son propre père ou mère. Devenir son propre père ou mère ne soulève normalement pas de difficulté que ne puisse surmonter une famille équilibrée et large d'esprit . Changer le cours de l'histoire n'engendre pas non plus de problèmes particuliers : le cours de l'histoire demeure immuable parce qu'il se remet en place lui-meme comme un puzzle. Tous les changements importants se sont produits préalablement aux événements qu'ils sont censés changer et tout finit donc par s'arranger au bout du compte.
(p94)
Le Dernier restaurant avant la Fin du Monde est l'une des plus extraordinaires entreprises de l'histoire de la restauration.
Il est bâti sur les débris épars d'une future planète en ruine qui a été (aurait eu été) enfermée dans une vaste bulle temporelle avant d'être (devoir avoir eu été) projetée dans l'avenir jusqu'à l'instant précis de la Fin du Monde.
Ce qui, au dire de beaucoup, est impossible.
Enfer vertical, de Serge BrussoloRésumé :C'était une prison sans barreaux, sans geôliers. On n'y rencontrait qu'un seul interlocuteur : un distributeur de sandwiches blindé comme un coffre-fort et plus intelligent qu'un ordinateur. Un distributeur de sandwiches qui n'acceptait de vous donner à manger qu'en échange d'un petit sacrifice : recevoir une décharge électrique à travers le corps, par exemple. C'était une curieuse machine, à la fois dieu et diable, conçue pour vous rendre la vie impossible et la mort insupportable. Une saleté de distributeur, qui finissait par régner en tyran sur ce bagne des plus moderne, et vous forçait à pratiquer l'autopunition à outrance. Certains décidèrent de lui faire la guerre... Ils ne tardèrent pas à s'en repentir !
Mon avis :WOW ! Voilà une intrigue déroutante, une atmosphère comme toujours très particulière chez Brussolo. L’univers décrit est totalement angoissant, froid, gris. L’idée de l’enfer vertical, tour immense où chaque étage est le lieu d’épreuves où seuls les plus forts ont la possibilité d’aller plus loin est tout simplement excellente. Les scènes gore le sont juste ce qu’il faut, juste assez pour qu’on se mette à la place des personnages et qu’on s’interroge : que ferions-nous dans une situation pareille ?
La violence physique est ici largement surpassée par la violence psychologique, le sadisme mental dont sont victimes les personnages. On en sait peu sur ces derniers. Ils ne sont que des pions, des sujets d’expérimentation. On ne s’y attache pas, seul le « héros » David Sarella retient notre attention. Le dénouement, inattendu, nous propose plusieurs interprétations et les plus anxieux seront sans doute frustrés de ne pas vraiment savoir. Excellente histoire, racontée avec talent.
À noter que l’édition en question est la dernière, c'est-à-dire le roman a été revu et corrigé par Brussolo pour les éditions Vauvenargues, il s’agit donc du roman complet, contrairement à l’édition originale.
Windows on the world, de
Frédéric Beigbeder[/u]
Résumé :" Le seul moyen de savoir ce qui s'est passé dans le restaurant situé au 107e étage de la tour nord du World Trade Center, le 11 septembre 2001, entre 8 h 30 et 10 h 29, c'est de l'inventer. " F.B
Mon avis :J’ai rarement lu un livre aussi affligeant. Le matraquage médiatique de ces derniers temps concernant le 11 septembre m’a fait penser que j’avais ce livre dans ma PAL. Je me suis dit que c’était là l’occasion de le lire. N’ayant pas d’opinion particulière sur l’auteur j’y suis allée gaiement, sans a priori, sans espoir particulier, mais avec beaucoup de curiosité.
L’idée, c’est d’alterner les chapitres racontés par un père de famille divorcé qui amène ses deux fils au restaurant Windows on the world du WTC, et les chapitres autobiographico-nombrilistes.
Les passages se déroulant dans le WTC sont hilarants de bêtise. Dialogues en franglais, une moitié de phrase en français et une expression bien typique en anglais et on recommence pour la moitié des dialogues ("
papa, t’es pas obligé de nous faire croire que tout est truqué, let’s face it : this time it’s for real"), personnages niais et sans intérêts, psychologie absente...la joie !
Les passages autobiographiques quand à eux, ont encore moins d’intérêt. Tout ce que raconte Beigbeder sur sa petite vie est d’un ennui mortel. Il étale joyeusement sa culture musicale et littéraire. La lecture en est insupportable, on essaie de comprendre la raison d’être de ses épanchements, le lien éventuel avec la tragédie qu’il a choisi d’évoquer de loin, de manière superficielle et creuse. La réflexion est quasiment absente, ça frise le degré zéro de l’inutile, du vide. Il ne pose pas de question, il meuble des pages blanches de bavardages stériles, se raconte, comme si sa petite personne avait un quelconque intérêt comparé à l’attentat dont c’est pourtant le sujet principal. On ne peut même pas apprécier le style : il n’y en a pas. Et pour couronner le tout, on a droit à une scène porno peu avant la fin, un couple de gens d’affaires complètement caricatural s'adonne au rut dans un instinct de survie à mourir de rire. Dialogue tout aussi porno et dégueulasse que la scène est inutile et surtout loin d’être crédible. En guise de vision personnelle prétendument intellectuelle, on se retrouve avec un long blabla très mal écrit, sans fond ni forme, pédant et prétentieux. Pourtant l’auteur ne semble pas manquer de lucidité quand il dit «
J’en ai marre d’écrire des romans sans issues. Marre des errances post-existentialistes stériles... » Alors pourquoi avoir écrit cette daube ?
Sinon je mets 1/10 pour l’humour.
Enfin, celui que j'ai pu comprendre, car j'ai forcément raté des dégrés...
Le papillon des étoiles, de
Bernard Werber (attention : ce roman est à paraître le 3 octobre !!)[/u]
Résumé :Un jeune inventeur imagine et conçoit un vaisseau spatial à énergie photonique pour créer une arche de Noé moderne, et permettre à l’Humanité de fuir la Terre menacée et se réimplanter ailleurs dans l’univers, sans commettre les erreurs du passé.
Mon avis :Lu en quelques heures ce roman est une petite merveille de poésie. Sur une base scientifique tout à fait crédible et réaliste, Werber nous emmène dans un voyage d’interrogations sans fin.
Le vaisseau conçut par l’un des héros est techniquement réalisable, l’énergie photonique existe bel et bien. Ce côté Hard Science m’a évidemment beaucoup plu, et le thème principal, (l’Humanité peut-elle espérer un avenir ailleurs dans de meilleurs dispositions), m’a passionnée.
L’ensemble pose des tas de questions : sommes-nous seuls dans l’univers ? Peut-on humainement accomplir de si longs voyages spatiaux, et comment ? Comment s’affranchir des bas instincts autodestructeurs de l’homme ? Etc.
Le tout est traité de manière poétique, l’histoire ne manque pas d’action et de péripéties, les personnages sont intéressants. Le vaisseau, miracle de technologie, ressemble à un papillon, et n’a pas la froideur des engins spatiaux habituellement évoqués en SF.
Les titres des chapitres évoquent des phases d’alchimie dans la recherche de la pierre philosophale. Le parallèle constant entre le passé et le futur est fascinant. Le Graal, la pierre philosophale des passager du papillon des étoiles est d’implanter une Humanité meilleure, dépourvue de ses défauts les plus nocifs à son développement.
La fin est tout simplement excellente, elle pose toujours les questions, et selon notre tendance, optimiste ou pessimiste, nous donne un élément de réponse. La conclusion, à mon sens, ne pouvait pas être différente. L’histoire prend tout son sens dans son dénouement, inéluctable.
Difficile d’en dire plus sans gâcher le plaisir de la découverte.
Je retrouve là le Werber captivant et inventif que j’avais perdu de vue avec le Cycle des Dieux, qui pour le moment me plait moins que ses autres livres.
Les amateurs de Barjavel apprécieront sans doute ce livre sublime
